a fulvio

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(Près de San Andrea Toscane - 23 Juin 2010)


Le bonheur,

c’est la petite route

qui monte vers Ulignano.

Plus haut, passé le village,

elle progresse sinueuse, paresseuse,

parfois en épingle à cheveux,

dévoilant le paysage en rondeur,

en douceur.

Et l’émotion est intacte

comme à la première fois.

Je suis captive de ces lieux :

de ces vignes agrippées aux pentes,

de ces oliviers aux branches noueuses,

de cette lumière unique

voilée d’une fine brume de chaleur

en cette fin de journée.

C’est la sérénité, la perfection,

l’intouchable, juste du bout des yeux.

La route décrit ensuite une fourche,

à sa droite surgit ta maison,

accueillante, chaleureuse.

Elle culmine sur la colline

depuis si longtemps déjà.

M’y voici pour une semaine,

c’est peu, mais me comble de joie.

Dès lors, je suis une autre,

je fais corps, je m’imprègne

de tout ce qui s’offre à ma vue :

pas de barrière, ni de limite,

juste celle qu’offrent les cyprès sombres.

J’écoute le silence

que seuls dérangent le cri des hirondelles

et le bruissement des feuilles

titillées par le vent.

Je respire en ce juin magnifique

les tilleuls au parfum entêtant.

Je m’éveille aux premières lueurs du jour

aux roucoulements des tourterelles,

de leurs doux serments d’amour.

Voluptueusement je m’étire,

me délecte de l’instant.

Un soleil prometteur filtre

entre les volets.

Déjà tu es à l’oeuvre

dans la cuisine, en bas,

j’entends ton rire, ta voix.

La journée sera belle,

si proche est l’impalpable,

si ténu le fil, entre ce qui est

ou ce qui n’est pas,

ce que l’on dit, ce que l’on tait,

mais qui brûle au fond de soi.


michèle

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